Plan écoles : la justice ouvre une enquête après un signalement du préfet pour “favoritisme”

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Bref
le 2 Fév 2026
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Le “plan écoles” est visé par une enquête pénale, ouverte à la suite d’un signalement effectué à l’automne par le préfet d’alors, Georges-François Leclerc, révèle Blast. Un signalement transmis sous forme d’un courrier, accompagné de deux clefs USB. Leur contenu, écrit l’ancien préfet au procureur de Marseille le 15 septembre 2025, pourraient constituer des “délits de favoritisme par la Société publique des écoles marseillaises (Spem)”. Et notamment l’un des chantiers les plus symboliques de ce vaste plan piloté par la Ville : l’école Saint-André La Castellane, dans le seizième arrondissement. Et plus particulièrement, l’école provisoire mise en place en attendant la livraison de l’établissement définitif.

En cause ? Le chantier de la future école, confiée à l’entreprise italienne Percassi, a finalement dû être rompu au vu des retards qui s’accumulaient. Pour la rentrée de 2025, la Spem imagine donc déplacer les bâtiments provisoires d’un site voisin, le chantier de l’école Vayssière. Une telle acquisition pour la Ville (chiffrée à 1,4 million d’euros) nécessiterait une mise en concurrence, comme le précisent les services juridiques de la Spem. Mais ladite mise en concurrence n’a pas eu lieu, accuse le préfet dans son signalement. Le haut fonctionnaire cite notamment un échange de mails sur ce sujet entre deux dirigeants de la Spem, le premier disant au second : “Tu fais fi du délit de favoritisme.”

Le “plan écoles” avait été brandi comme le chantier prioritaire de la nouvelle majorité municipale. Ni la Spem, ni le maire Benoît Payan, président du conseil d’administration de cette dernière, n’ont répondu à nos confrères.

Source : Blast
Clara Martot Bacry

Commentaires

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  1. Patafanari Patafanari

    « Faire fi de »
    L’expression date du XIIIe siècle et fait référence à la fiente des goélands. Elle traduit une preuve de mépris ou de dédain envers quelqu’un ou quelque chose, sur qui on fait donc son fi.

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  2. Marc13016 Marc13016

    Mouais … S’il y avait urgence pour assurer une rentrée scolaire, pas sûr que la mise en concurrence était réellement obligatoire. Et 1,4 million d’euro, pour des travaux, c’est une toute petite mise en concurrence. Le tout, c’est d’établir qu’on est bien dans ces circonstances exceptionnelles, ça peut être dur à expliquer à un service juridique.
    Par contre, un qui semble fin connaisseur du droit, c’est le corbeau à la clé USB … Apparemment il saisit la moindre occasion pour faire un fromage ! Aurait il des comptes à régler avec un renard ?! En attendant, du haut de son arbre perché, lui aussi il projette ses fientes, pour rejoindre l’enseignement de Patafanari …

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    • Karine Karine

      Avez-vous lu l’article de Blast? C’est très très grave. Comment avoir maintenant confiance au PM? Finalement les militants du depart se sont fait voler l’élection de 2020, le PS a fait maintenant basse pour prendre la mairie. Droite, extrême droite, gauche, du pareil au même

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    • Marc13016 Marc13016

      @Karine : je viens de lire l’article de Blast. Il y est question de “risque juridique”, pas d’illégalité. Laissons faire la justice.
      Je maintiens : profiter de la disponibilité d’algeco dans une école récemment terminée, pour les déplacer et les installer avant la rentrée scolaire dans une autre école en galère de chantier, c’est pas si impur que ça. Plutôt écolo d’ailleurs : on récupère. Et peut être économe : on achète d’occase. Et enfin, pragmatique : les gamins n’auront pas commencé l’année 2025 à ciel ouvert.
      Les “gonflements” de prix décrits par Blast ne sont peut être que des ajustements d’une première évaluation trop optimiste (notamment sur les coûts de ré-installations de ces modules).
      Bref : sujet technique, pas si simple à dépatouiller.
      Je note l’attitude troublante de “Jojo” le préfet : il a voté la décision en conseil d’administration, et il la dénonce au juge quelques mois plus tard : Parapluie, ceinture, bretelles, … Il a une carrière à maintenir bien propre, lui. D’autres ont des écoles à bâtir, et des rentrées scolaires à assurer.

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    • Electeur du 8e © Electeur du 8e ©

      Sans me prononcer à la place des juges sur le fond de cette affaire-ci, je note tout de même que Blast a montré dans le passé sa capacité à faire beaucoup de mousse autour de faits anecdotiques, voire parfois inexistants. J’ai quelques doutes sur la rigueur de ses interprétations.

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    • Tasogare Tasogare

      Blast est bon sur la pédagogie, notamment à travers leurs vidéos Youtube (Rhinocéros, CDDM, la Débauche, et le regretté Argent Magique – parti sur une autre chaine), mais la qualité (et la partialité ?) de leurs articles laisse à désirer… on n’est pas sur du Frontières, mais on est très loin de Marsactu ou de Mediapart.

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  3. Loulou Loulou

    Quand on lit l’article de Blast on voit en effet que le sujet est quand même d’avoir voulu d’une autre école dont le chantier etait terminé, pour en faire bénéficier les enfants d’une école des quartiers nords dont l’entreprise qui gérait le chantier avait fait faillite et laissait tout le monde dans un sacré merdier. On va voir ce que répond le PM et tout ce beau monde mais ça va fait “pshitt” je pense. Ça pue vachement le mec revanchard qui s’est fait viré et un journaliste qui n’a pas pris le temps de vérifier juridiquement ce truc pour le sortir avant les municipales

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  4. Malleus Maleficarum Malleus Maleficarum

    C’est de la commande publique. Il y a des règles. Applicables à tous, même aux gens de gauche. Si si.

    Et l’urgence est bien souvent provoquée par une défaillance dans la planification, la préparation et la rigueur dans l’exécution.

    Dans l’ordre :
    – attribuer le marché à Percassi : pour ça, faut avoir tout misé sur le prix donc pas de surprise (“pay peanuts, get monkeys”)
    – arbitrer sur leur retard très tardivement : quand on prend le moins-disant, faut pas traîner pour cadrer; la méthode “sensible gentillet”, ça marche pas
    – décider quand on a le couteau sous la gorge, c’est s’exposer à faire n’importe quoi.

    L’argent public n’existe pas : il n’existe que l’impôt. Vu le talent des gens de gauche pour le prélever, il est quand même souhaitable qu’ils le dépensent convenablement.

    Manque de professionnalisme donc, pas grand’chose de plus.

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    • Loulou Loulou

      Il y a l’argent de nos impôts mais aussi la vraie vie des gens. Si les enfants de la Castellane n’avait pas eu d’école vous auriez dit tout autre chose.
      Et l’article parle d’alerte juridique. Ça ne veut pas dire qu’elle est forcément réelle. Quiconque travaille dans une grosse boîte ou une administration savent que c’est même la norme de poser des alertes, qui sont des questionnements auxquels on apporte ou non des solutions. Ce n’ est parce qu’une personne dit “ça pourrait être du favoritisme” qu’au final ça en est …
      Contrairement à Mediapart, qui bossent leurs articles et vérifient leurs sources et le cadre juridique, Blast est connu pour être dilettant là dessus. Il n’y a aucune référence légale dans tous l’article. C’est louche.

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    • Laurencin Laurencin

      A la différence des magouilles des des gens de droite et d’extrême droite déclinées depuis quelques années pour servir des intérêts particuliers, l’argent public, soit l’impôt, a servi dans ce cas à assurer la rentrée d’écoliers dans un contexte de gros chantier destiné à rénover une école laissée à l’abandon depuis des lustres. A servi l’intérêt général, ce qui fait déjà une grosse différence.
      Pour le reste, je pense aussi que ça va faire pschitt

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    • Electeur du 8e © Electeur du 8e ©

      Il manque tout de même une étape parmi les défaillances que vous mettez en avant : celle de l’abandon délibéré des écoles publiques pendant des années, qui conduit aujourd’hui à devoir faire partout des travaux d’urgence qui auraient dû être répartis dans le temps.

      J’espère que l’opposition municipale de droite aura la décence de ne pas se saisir de cette affaire pour faire de la politique politicienne, car si on en est là aujourd’hui, c’est d’abord grâce à elle.

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  5. Regard Neutre Regard Neutre

    Face à la défaillance de l’entreprise chargée du chantier, la collectivité avait un devoir : garantir aux enfants une école digne et ouvrir à la date prévue. La loi prévoit précisément des procédures d’urgence pour ces situations exceptionnelles. Ne pas les utiliser aurait conduit à maintenir des élèves dans des locaux indignes et à retarder encore un projet attendu depuis des années. Ce choix n’est pas politique, il est responsable : assurer l’intérêt général et le respect du droit à l’éducation.L’Etat a forcément mené et accompagné la décision de poursuivre l’opération.

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